Dimanche 22 juin 2008

On ne voit plus la ville à cause des maisons. Parce que, manifestement, les temps ne sont pas aux femmes. Ces dernières traverseraient même comme une période de guigne que cela ne nous étonnerait qu'un peu. C'est carrément que rien ne va plus pour les bipèdes savantes. Cette moitié d'humanité souffre, et en particulier les moitié-e-s, victimes des moitiés. Et pas à moitié ! L'Ouest se distingue en la matière en revisitant le Père Noël, qui est toujours une ordure, à la lumière de la Traversée de Paris. Cette fois, point de cochon dans la valise. Une cochonne, alors ? Une femme assurément, et tout pareil que dans le film incorrect de Claude Autant-Lara, découpée en plusieurs morceaux, par l'époux tracassé, qui n'est hélas ni Bourvil ni Gabin. Et puisque que nous parlons d'occupation, celle qui consiste à occuper la France, à découper un cochon ou à tailler dans sa femme, il en est une autre qui consiste à faire cuire Bobonne, un peu à la manière, mais sans toutes les formes polies, de Marcel Petiot. C'est à Saint-Malo, décidément elles ne sont plus à l'abri nulle part, qu'un homme a été mis en examen pour avoir fait partir en fumée le corps de son épouse à l'aide du barbecue familial. En somme, si un jour on vous propose de la poitrine grillée, méfiez-vous et prenez bien soin de vérifier que la maîtresse de maison est encore dans les murs. « Oh, ma femme a dû partir au chevet d'une vieille tante malade ». Et bien trouvez à votre tour un aïeul en triste état qui réclame votre affectation et vous éviterez un doute de nature à rendre les agapes coincées et certainement moins joyeuses. « Ah toi, tu est belle à croquer... »  Préférez désormais « ah toi, tu es belle comme un camion », même si dans un premier temps cela peut surprendre la charmante. Mais y'a des raisons, et sérieuses. Car on ne sait pas ce qui fait basculer l'être humain dans tous ces dépeçages avilissants. « Allez comprendre quelque chose à l'homme après ça, conclut Alphonse Boudard, qui en connaissait au rayon des turpitudes. Les psy bien sûr ont des réponses... Valent-elles mieux que celles des sorciers en soutane qui font intervenir le diable... la tentation... le mal ? » (Madame... de Saint-Sulpice, Folio, p. 113).

En face de l'insondable des cœurs et des reins, tout ne serait alors qu'élucubrations,
« Oh, Yeah !
Le juge a dit à Jules, vous avez tué,
Oui j'ai tué ma femme, pourtant je l'aimais,
Le juge a dit à Jules "Vous aurez vingt ans",
Jules a dit : "Quand on aime on a toujours vingt ans". » (Antoine)

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Mercredi 18 juin 2008

La construction d'une Europe politique est à nouveau mise à mal par le résultat du référendum en Irlande. Les Français sont très mal placés pour faire la leçon aux Irlandais. Pourtant, il faut bien dire que le résultat de ce référendum a de graves conséquences pour l'Europe, en la replongeant dans une crise institutionnelle dont on se demande encore une fois comment elle va se sortir.

Déjà, en 2005, il n'y avait pas de « plan B ». Le Traité de Lisbonne a fini par émerger difficilement des tractations entre gouvernements de l'Union. Aujourd'hui, il y a encore moins de « plan C » ... Réussira-t-on à en élaborer un, accepté par tous, et qui donne enfin à l'Europe les moyens de réagir rapidement aux mutations du monde ? Car c'est bien de cela qu'il s'agit, donner à l'Union les moyens de réagir efficacement et concrètement face aux défis auxquels les Etats membres ne peuvent faire face tout seuls (en matière d'énergie, de climat, d'alimentation, d'action humanitaire, de sécurité, de négociation commerciale...)

Malheureusement, trop souvent, dans les débats à propos des référendums nationaux sur les réformes institutionnelles de l'Union, ce sont les politiques européennes, voire nationales, qui sont mises en cause. Pour des motifs bien souvent contradictoires... Ainsi, au nom de politiques jugées mauvaises, on rejette une réforme des institutions qui permettrait de faciliter l'adoption à la majorité de politiques représentant un progrès pour les citoyens européens. La mise en avant d'intérêts particuliers nationaux de court terme prime trop souvent sur l'intérêt général européen à long terme.

Les citoyens européens ont souvent l'impression que les politiques européennes ne répondent pas à leurs préoccupations. C'est effectivement le cas quand on ne parvient pas à répondre aux restructurations d'entreprises (la révision de la Directive sur les Comités d'Entreprise européens devrait donner des moyens de mieux y faire face) ou quand une Directive sur le temps de travail risque de provoquer une régression sociale ... Il est manifestement illusoire de justifier la nécessité d'un renforcement institutionnel en l'absence de politiques sociales justes, mais il sera difficile d'améliorer les politiques sans institutions efficaces. Europe politique et Europe sociale doivent se renforcer mutuellement.

Quand le refus de ratifier un traité par un ou deux pays conduit à bloquer une avancée majoritairement partagée par les autres, on est en droit de s'interroger sur la règle de décision. C'était vrai en 2005, pour le Traité Constitutionnel ratifié par 18 pays, mais bloqué par le refus de deux autres ; c'est aussi vrai aujourd'hui pour le Traité de Lisbonne, lui aussi déjà ratifié par 18 pays. La procédure parlementaire, qui, rappelons-le, est aussi démocratique que le référendum, n'intègre-t-elle pas mieux les contraintes liées à des textes de ce type ? En attendant l'émergence d'un « peuple européen » qui pourrait éventuellement légitimer un référendum paneuropéen ...

En tout cas, il est urgent de trouver un moyen pour que les pays qui ne veulent pas d'une avancée européenne, n'empêchent pas ceux qui le veulent de le faire. Il est nécessaire de poursuivre le processus de ratification dans l'ensemble des 27 Etats membres pour que les choix s'opèrent dans la clarté. Toutefois, il faut aussi que se mobilisent les citoyens de l'Union, pour qu'ils fassent valoir leur attachement à la construction européenne, qu'ils rappellent la signification de celle-ci, mais aussi qu'ils l'infléchissent dans un sens plus démocratique. Tel était en juillet 2005 le sens de l'appel de Sauvons l'Europe. Cet appel est plus que jamais d'actualité : 

 « Sauvons l'Europe » demeure à l'ordre du jour ! 

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Samedi 14 juin 2008

A ce jour, huit Etats n'ont pas ratifié le traité de Lisbonne et un l'a repoussé. En 2005, les esprits raisonnables avaient immédiatement, et avec raison, appelé à poursuivre les ratifications de la constitution européenne avec le résultat que l'on sait. L'histoire repasse le plat. Chefs d'Etat et de gouvernement assurent de la poursuite du processus des ratifications, mais nos amis anglais et tchèques, déjà peu mobilisés avec ce désormais chiffon de papier de Lisbonne risquent de revenir sur leur soutien déjà tiède.

Des conservateurs irlandais ont dit non, affolés par cette Europe du relativisme moral. Après tout ils sont dans leur rôle. Des nationalistes irlandais ont dit non, effrayés par cette Europe de l'effacement des frontières. Ils sont dans leur rôle.  Mais des progressistes irlandais ont dit non, alarmés par cette Europe de la concurrence libre et non faussée. Et là, ils ne sont pas dans leur rôle.

Le gauchiste radicalement eurosceptique, c'est comme l'argenterie. Tout  bon "bourgeois capitaliste", comme dit l'extrême gauche, doit en avoir dans ses vitrines. Franchement, dites-moi un peu ce qu'il y a de mieux qu'un gauchiste radicalement eurosceptique pour résumer l'Europe à un libre-marché dérégulé et alimenté au dumping social et fiscal ? Faites mariner le gauchiste radicalement eurosceptique dans une formation partisane, et le résultat sera encore plus délicieux. Car elle est là la vraie responsabilité, dans l'instrumentalisation de l'utopie européenne par des partis politiques pusillanimes et nombrinationalistes. Sauver l'Europe, c'est plus que jamais faire l'Europe de la politique, du compromis et de la réforme.

Yohann Abiven
Secrétaire général de Sauvons l'Europe

par Yohann Abiven publié dans : Sauvons l'Europe
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Lundi 26 mai 2008
On ne voit pas la ville à cause des maisons. Parce que l'homme ressemble de plus en plus à un animal. Ou est-ce l'inverse ? L'autre jour, c'était dimanche. C'est dimanche, c'est jardinerie... Les jardineries sont des commerces ouverts le dimanche, à cause du code rural. Car les jardineries, qui en général vendent des fleurs pour le jardin, dépendent du code rural, comme il se doit, et le code rural n'interdit pas l'accueil du public et des porte-monnaie le jour du Seigneur. La jardinerie est une halte propice au cycliste du dimanche que je suis. Je conserve ainsi intacte ma connaissance de la chose verte. Ce printemps, j'ai remarqué que les pâquerettes prenaient de la hauteur, que les sauges attiraient toujours le même genre de dames aux presque 160 trimestres de cotisations et les barbecues toujours le même genre de jeunes pavillonnaires. Je déambule volontiers au rayon animalier. La jardinerie, c'est un peu le zoo du peuple, même si, justement, je n'y ai jamais croisé le... peuple. Et pourtant il devrait y en avoir du peuple pour constater l'expansion continue du génie humain quand il s'agit des petites bêtes. Cette fois, ce sont les minous minous qui bénéficient des faveurs du concours Lépine. Vous connaissiez la chatière, cet engin astucieux qui vous autorise à ne plus vos déplacer toutes les cinq minutes pour ouvrir la porte à l'indécis félin ? Evidemment, après l'installation d'une chatière, et là est le paradoxe, la porte est condamnée, autrement dit elle est foutue. Qu'à cela ne tienne, vous aurez dorénavant à connaître la chatière électronique à déclenchement automatique, qui épargne à la chose miaulante le coup de trutruffe dans la plaque de plastique. Un capteur placé sur le collier de mistigri déclenche l'ouverture de la petite trappe quand mistigri s'en approche. Et, ainsi, Mistigri est seul maître chez lui. Comme
« Le chat de la voisine
Qui mange la bonne cuisine
Et fait ses gros ronrons
Sur un bel édredon dondon
Le chat de la voisine
Qui s'met pleines les babines
De poulet, de fois gras
Et ne chasse pas les rats
Miaou, miaou
Qu'il est touchant le chant du chat
Ronron, ronron
Et vive le chat et vive le chat » (Y. Montand).

A côté, ce bon vieux Fripouille et ce traître d'Azraël sont des étrangers, des sans-collier infrarouge. A la porte, les maîtres du foyer demanderont désormais « collier ? », comme d'autres maîtres du monde disent « papiers ? ».



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