Jeudi 2 juillet 2009

Le toutfoutlecampisme vient encore de recevoir une illustration. Et pas des moindres. On savait les princes qui nous gouvernent un rien roublards, appâtés parfois par le gain et les euros faciles. Mais de là à imaginer que notre bon monsieur Balladur aurait eu un rapport déréglé aux sous, nous nous l'interdisions encore. Il semblait tellement au-dessus de toutes ces turpitudes, il semblait tant regarder vers le haut, détaché du mauvais monde comme un cardinal dont il portait pourtant les attributs en bas. Mais le déballage a commencé, les révélations s'emballent et le bon monsieur Balladur est désormais un homme aux pieds nus et bientôt, qui sait, aux mains liées par des bracelets métalliques et, surtout, tachées de sang...

« Y avait comme du sang sur tes doigts

Quand l'orange coulait

Oui c'est bien toi qui l'as volée

Avec tes mains crochues

Oui c'est bien toi qui l'as volée

Y a quelqu'un qui t'a vu » (Gilbert Bécaud)

Car les faits sont là, têtus, et la démonstration implacable. Monsieur Balladur est élégant comme ne l'est même plus un Anglais. Or, un Anglais c'est comme un Pakistanais chic, ou c'est l'inverse, un Pakistanais chic ressemble à un Anglais de la même allure. Donc, monsieur Balladur est pakistanais. Et donc, monsieur Balladur est coupable. J'ai beau retourner le problème dans tous les sens, j'en arrive toujours à la même horreur : monsieur Balladur a touché. Touché à quoi ? Touché quoi ? C'est ce qu'il reste à éclairer car, et il n'est pas mauvais de le rappeler, un homme est innocent jusqu'à ce qu'un tribunal le condamne. C'est sans appel.

Par Yohann Abiven - Publié dans : Billets d'humeur à la radio - Communauté : Politique française
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Samedi 27 juin 2009

« De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? », demande quelque part un livre pas mal consulté depuis. Quelque part, c'est dans l'évangile de Jean, au chapitre 1er, verset 46. Citons une fois de plus, si vous le voulez bien, le saint passage car cette petite ligne mériterait bien de devenir la Bible de toute une profession, celle des collecteurs de nouvelles, des recenseurs de faits divers, tous au fond des répétiteurs de Jean, chapitre 1er, verset 26. Annonciation n'est pas très éloigné, après tout d'annonce...

Tenez, l'autre jour, par exemple, il y a eu le feu, je ne sais plus où. Dans un appartement, avec des morts et tout et tout. Ce dont je me souviens surtout, puisque le journaliste avait pris soin de le préciser, c'est  que l'incendie avait pris, « dans cet immeuble d'un quartier populaire ». Une autre fois, c'était la disparition d'une petite fille, dont les parents vivaient « dans un quartier HLM ». Rappelons-nous aussi ces coups de feu mortels tirés sur la cour d'une école. La journaliste précise aussi qu'autour c'est pas bien fameux, entendez que les portefeuilles du voisinage ne sont pas bien épais. Parfois, à l'inverse, les dépêches font écho à l'étonnement que pareille chose puisse se produire dans les beaux quartiers, comme aurait dit Aragon. Cela donne alors des titres du genre : « La drogue n'épargne pas le centre-ville » ou, caricatural : « Voitures brûlées. Les jeunes interpellés ne venaient pas de la cité ». J'exagère à peine tant la corporation journalistique s'est installée dans l'habitus de signaler la géographie sociale de l'événement, quand elle est populaire, et marquer ainsi injustement, et inconsciemment, les quartiers pauvres du stigmate de gens détraqués qui mettent le pays à feu et à sang, ou à peu près. A-t-on songé un instant à signaler que le fameux vol des 85 millions d'euros de bijoux avait eu lieu dans un quartier richissime de Paris ? Pourquoi, alors qu'un braquage de modeste bijoutier à Vénissieux bénéficierait forcément de la qualification « dans un quartier difficile » ? Souvenons-nous encore de la funeste affaire d'Outreau et comment s'est insidieusement imposée l'idée que des ouvriers du Nord, au chômage ou en passe de l'être, ne pouvaient qu'être des pervers incestueux. Au même moment, nous avons eu droit à des soupçons, aussi infondés, de soirées violentes et partouzeuses au sein de la bonne bourgeoisie toulousaine. Là, nous étions comme l'ami Jojo et l'ami Pierre :

« Et quand vers minuit passaient les notaires
Qui sortaient de l'hôtel des "Trois Faisans"
On leur montrait notre cul et nos bonnes manières
En leur chantant :
Les bourgeois, c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux, plus ça devient bête
Les bourgeois, c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux, plus ça devient.. ».

Sauf que l'inceste, c'était bon pour les pauvres d'Outreau, tandis que les riches de Toulouse, eux, s'adonnaient à la prostitution, et au sadomasochisme qui, bien pratiqués, ne sont même pas des délits. C'est quand même autre chose. Incestueux n'est pas libidineux. Dans un cas c'est un crime condamné par toute l'humanité, dans l'autre c'est juste une errance morale. Sauf qu'à Toulouse, il y avait eu, disait-on, crucifixion d'un pauvre bougre, ce qui, même bien fait, détonne tout de même dans le paysage des bons pères de famille.

Les tirs à l'arme plus ou moins lourde, s'ils se produisent à la sortie de bureaux huppés par des hommes cravatés ne font l'objet que d'une mention inquiète. Au pire, on accusera le stress au travail. Mais si les coups de feu sont échangés en bas d'une tour de la banlieue, alors on se mettra en alarme devant des jeunes décidément mal-élevés et carrément fous dangereux, prêts à sauter, à égorger, racketter tout ce qui bouge. Le racket inspire l'édification urgente de prisons nouvelles, mais la fraude fiscale, le détournement d'argent sont, elles, des méthodes, au plus, vilaines, parfois répréhensibles. Les mots des riches ne sont pas ceux des pauvres, et les mots prononcés sur les riches ne sont pas non plus ceux prononcés sur les pauvres.

Par Yohann Abiven - Publié dans : Billets d'humeur à la radio - Communauté : commentaires sur actualité
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Jeudi 25 juin 2009

Je me suis garé là-dessous l'autre jour...

Par Yohann Abiven - Publié dans : vu(es), entendu(es), lu(es)
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Jeudi 25 juin 2009

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand monsieur sort avec Titine, ou plus exactement dans Titine, monsieur aime savoir où il va. Il y a comme l'indice d'une virilité franche, quelque chose comme une mâle assurance quand, grâce à Titine, monsieur s'ébranle directement et rapidement, surtout qu'en plus, il aura eu la sagesse de retenir l'option mains libres. Quand Titine fait tout le travail, monsieur peut savourer d'un air discret, mais grivois, les délicieuses viscosités du paysage

« Reluque la tronche à la pouffiasse

Vise la culasse

Et les nibards ». (Renaud, Marche à l'ombre)

 

Même si, quand même, Titine ne peut pas accomplir toute seule l'ensemble des opérations. Monsieur doit entretenir a minima la relation : passer le bon rapport, appuyer ici ou là, tourner, faire crier quand il le faut, déployer la capote en cas de menace, s'assurer aussi que l'engin est tout le temps assez gonflé. Entre l'homme et Titine, c'est tout pareil qu'une histoire d'amour. Et Titine a des arguments, de plus en plus d'arguments. Quatre belles jantes, un pot d'échappement à épater, et empoisonner, toute la compagnie, des essuie-glaces qui se déclenchent tout seuls à la première goutte, des phares au xénon qui s'allument comme des grands quand il faut, non vraiment les Titines modernes nous allument tous.

 

Préférez-vous votre voiture à votre femme ? Il faudrait poser la question au fameux échantillon représentatif, et je suis sûr que nous serions étonnés du résultat, y compris quand la femme est belle comme un camion. C'est surtout que madame est de moins en moins bienvenue dans l'habitacle renforcé et que, si ça continue, nous allons au crash test. La faute à un nouvel attrait de Titine, qui parle désormais comme madame, même mieux que madame, sans se tromper tout le temps. On commence par se tromper, on finit par tromper car dans notre triste monde les Titines attentent à la paix des foyers. Tout vient de cette voix suave qui dit à chaque coin de route, « au prochain carrefour, tournez à droite », ou bien « au rond-point, prenez la troisième sortie », ou bien « faites demi tour dès que possible ». Monsieur s'habitue à cette muse gps enchanteresse, cette liturgie du macadam et madame, en dépit de la climatisation, ça la fait suer qu'il conduise ainsi les yeux fermés et qu'à cause de ça la joyeuse équipée finisse au fond du réservoir,

« Dans cette banlieue de bidonvilles

Y a pas une pompe ouverte la nuit!

Dans le lointain y a une sirène qui s'évanouit...

Qu'est ce que j' vais faire bordel de dieu? » (Renaud, Les Aventures de Gérard Lambert)

 

Alors, quand au lieu des vocalises délicates, monsieur entend depuis le siège placé immédiatement à côté de lui, « tu parles, pov'cloche, fallait tourner là », chacun comprend, et partage, sa stupéfaction, son incompréhension, et bientôt sa vindicte. A l'arrière, les enfants dessinent déjà le portrait du gentil juge compréhensif qui les attribuera ou bien à monsieur ou bien à madame et sans doute, le temps de l'orage, se plongent dans leur console DS qui, en dépit de son nom, elle au moins, n'a pas la mauvaise idée d'indiquer la route. Reste qu'avec un gps, un couple prend assurément un mauvais chemin, celui de la dispute, celui du guide de la route éventré et bientôt du véhicule abandonné, soit que madame aura déserté la tôle conjugale, une vraie prison pour la femme, soit que monsieur l'aura attachée à un arbre sur le bord de la départementale. Non, je vous en conjure, chères auditrices, ne laissez pas votre époux seul avec son gps. Mais profitez au contraire des préliminaires pour évaluer ensemble les sentiers à arpenter, effeuiller tendrement Michelin qui est l'ami des familles et la garantie d'un transport amoureux. Enfin à condition qu'ELLE sache lire une carte, ce qui reste à démontrer. Evidemment il y aurait une autre solution. Laisser le volant à madame. Mais ça, ce serait tout envoyer en l'air !

Par Yohann Abiven - Publié dans : Billets d'humeur à la radio - Communauté : commentaires sur actualité
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Mais que fais-je ?

 

 

 
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