Vendredi 20 novembre 2009
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Il faut sans doute être rompuy aux raffinements du fonctionnement de l’Union européenne pour ne pas tousser avec cette fumée blanche venue de la chapelle bruxelloise l’autre jour. Les
observateurs se sont étranglés, certains ont baillé, d’autres éternué, ils ont fait ashton parce qu’une drôle de maladie grippe depuis quelques années le projet européen. Un symptôme de
moins disant politique, une bactérie intergouvernementale, celle qui musèle les enthousiasmes et les idées pour rebâtir des murs de verre entre les peuples. Les pontifes étatistes réunis dans la
capitale euro-belge n’auront même pas eu besoin de traverser le Rubicon, mais tout bonnement le pâté de maison pour aller déloger le premier ministre de l’endroit et lui remettre les clés du
conseil européen. Et dire qu’on pensait qu’ils n’arriveraient pas à s’entendre sur deux noms. L’affaire fut finalement vite mise dans le sac des inavouables marchandages nationalistes. L’Union
européenne a un petit air de Troisième République qui préféré Deschanel à Clémenceau. Sans doute les chefs d’état et de gouvernement ont-ils suggéré aussi au récipiendaire de penser éteindre la
lumière. Ainsi au moins, les disciples de Monnet n’apercevront pas la moribonde Europe, poignardée, à en croire la comptabilité de Michel Rocard, cinq fois. Comment voulez-vous que l’Union se
relève d’un pareil assassinat ?, a demandé l’ancien premier ministre de la deuxième gauche. La décapitation finale viendrait de ces deux nominations, celle d’Herman Van Rompuy au poste de
Président du conseil de l’Union européenne, et celle de Catherine Ashton à celui de Haute-Représentante pour les affaires étrangères, c'est-à-dire au fond de toutes les affaires de l’Europe
puisque les opinions leur sont hélas de plus en plus étrangères.
Par Yohann Abiven
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Mardi 27 octobre 2009
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Toutes les révolutions au fond conduisent à ramener à Paris le boulanger, la boulangère et le petit mitron. Mitron ? François Mitron, celui qui, avec une volonté deferre a
inauguré la décentralisation dans la France, notre beau pays ? Non ! Juste un mitron, un petit boulanger. Car, les semaines passées, l’actualité politique s’est faite volontiers
pâtissière et ce que l’on nous présentait jadis comme une tarte à la crème va cette fois faire l’objet d’une recette aux posologies élaborées. Il ne s’agit ni plus ni moins que de transformer en
un coup de baguette législative magique un mille-feuilles en Paris-Brest. L’alchimiste en chef de l’opération tient ses brigades prêtes à l’action et à la promotion d’une administration
territoriale raffermie, rabougrie disent ces cuisiniers qui empoisonnent l’opinion depuis tant d’années. La recette consiste à remplacer deux ingrédients, le département et la région, par un
édulcorant réputé chasser la mauvaise graisse, sans par ailleurs passer les autres mets qui composent le menu à des productions de premier choix. Les 36000 et quelques communes demeureront tandis
que les responsables de tous ces territoires de la République se demandent encore à quelle sauce ils vont être mangés par celui désigné en 2007 meilleur ouvrier de France.
Par Yohann Abiven
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Mardi 27 octobre 2009
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Une vague de morbidité s’est emparée de
nos fleurons industriels. La maladie, qui a abouti à plusieurs reprises à des extrémités hélas sans retour, consiste en un envahissement de toute la vie par des directives et des attentes
insensées. La bactérie responsable porte en général cravate, mais à la manière décontractée, sensée effacer les hiérarchisations pour mettre chacun devant une égale responsabilité d’atome de la
réussite collective. Et le virus disséminé dans les corps laborieux se présente sous les traits grossiers, mais cools et marrants, de phrases bien senties comme « fini la pêche aux
moules » ou « il faut cesser cette mode du suicide ». Car c’est à la mort que seraient conduits désormais les incapables d’adaptation à des conditions de travail post-fordistes
imaginées souvent par des gens qui n’ont pas fait beaucoup leurs classes dans les ateliers ou les centres d’appel et, relevons le aussi, se suicident peu en dépit de leurs échecs. Personne
malheureusement ne propose de vaccination obligatoire contre cette grippe de nos appareils productifs au sein desquels, plus que jamais, on perd sa vie à la gagner, y compris si l’on remplit les
objectifs, car quoi qu’on fasse, on reste bel et bien pendu au téléphone !
Par Yohann Abiven
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Jeudi 8 octobre 2009
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Calais est décidément le théâtre d’opérations policières spectaculaires, enfin d’opérations policières tout court puisque dorénavant, une opération policière s’effectue avec plusieurs
cars de micros et de caméras. Les immigrés illégaux furent pour la deuxième fois l’objet de l’expression de l’autorité communicative de l’Etat. La jungle de Calais a été dispersée à la force des
baïonnettes, les sans-papier encore plus sans domicile désormais… Point de ralliement de la misère du monde, la ville du Nord, et son tunnel, font office de dernière étape avant un eldorado qui
pourtant n’en est pas un tant la Grande-Bretagne a renforcé la répression de l’immigration sauvage, y compris celle abritée par les demandes d’asile politique. Drôle de geste tout de même que
cette éradication de la jungle de Calais parce qu’il fallait mettre hors d’état de nuire… ceux qui ont fait profession de passeurs ! De là à penser que la dispersion, la confusion entre
coupables et victimes, visaient en réalité l’opinion… Enlever des abris de fortune, écarter de quelques kilomètres le bidonville, rassurer ainsi, s’il l’on on se dire, les bourgeois de Calais,
est chose au fond aisée. On savait grâce au bon ministre Queuille qu’il n’était pas de problème qu’une absence de solution ne sût résoudre, son successeur Besson ajoute qu’il n’est pas de
problème qu’un déménagement ne saurait arranger.
Par Yohann Abiven
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