Dimanche 30 mai 2010
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Vivre bien et longtemps devient un vrai problème. Ah qu’ils sont loin les temps où un coup de grisou opportun,
une cirrhose alambiquée et cultivée depuis la tendre enfance indiquaient aux classes laborieuses l'adresse de Saint Pierre, avant, heureusement, d'avoir pu gouter aux félicités paresseuses de
l'ici bas. L’équation élémentaire des pensions s’en trouvait ainsi presque naturellement équilibrée et les mérites récompensés. Les talentueuses 200 familles regardaient grandir les
arrrière-petits-enfants quand le peuple sans vertu se préparait à des jours plus pénibles et surtout écourtés. Depuis pourtant, la camarde ne fait plus office de trésorier payeur général et le
comptable public fait grise mine, sauf en de rares occasions : temps très chaud ou très froid, accident de car de l’Université du temps libre, intoxication alimentaire après le concert de la
chorale des gais seniors… Mais attendre des cieux ou du destin des routes l’anéantissement du trop plein de population vieillissante est pour le moins un vieux, un vœu pieux. L'hiver dernier,
nous n’avons même pas été capables de mettre en œuvre une grippe qui pourtant, les spécialistes l’avaient assuré, promettait d’améliorer grandement les choses. La pandémie fit long feu et par
conséquent vieux os. Des considérations d'égalité et de justice ont encore compliqué l'affaire. Le péril vieux demeure, d’autant plus que la folie militante et complice des petits frères des
Pauvres se plaît à allonger le temps qui passe au détriment de la droite raison. Comment les ferons-nous battre en retraite ?
Par Yohann Abiven
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Dimanche 2 mai 2010
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Le scrutin est à la mode, depuis l’annonce par le gouvernement et l’adoption en conseil des ministres, d’une transformation de la représentation de nos territoires
et… la lecture inquiète des dernières élections régionales dont la projection pourrait être fatale à nombre de bastions politiques. Bref, l’urne est pleine et dès lors, la préoccupation a débordé
du cadre de la révision de la décentralisation pour intéresser l’ensemble de nos procédés démocratiques. Nos manières de compter les bulletins auraient, à en croire les leaders de la majorité – mais peut-on justement employer ce mot, majorité ? – avantage à gagner en lisibilité, en transparence
et sans doute aussi en simplicité. Facile à dire, moins facile à faire. L’écriture de la règle du jeu par les intéressés est certainement de nature à modifier profondément la carte électorale au
détriment de l’expression de certaines opinions devenues selon l’expression parlementaire consacrée, caput mortuum. La formule vient tout droit des alchimistes de jadis, ancêtres de gouvernements résolus à transformer à leur manière le plomb en or. Mais surtout, la justice réclamerait
d’imaginer quelque chose comme un mode scrutin plurinominal à deux tours à prime majoritaire et représentation proportionnelle dans le cadre de circonscriptions redessinées, valables pour toutes
les élections, à l’exception sans doute du scrutin présidentiel car on ne sait pas encore élire un homme ou une femme à la proportionnelle. Rien n’est simple et les citoyens feront leur les sages
paroles de Job : DEUS DEDIT, DEUS ABSTULIT : SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM !
Par Yohann Abiven
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Dimanche 2 mai 2010
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Les camarades socialistes sont à l’étude. Ces moments de réflexion collective s’appellent chez les disciples de Jaurès des Conventions nationales, fruits d’un
récent tour de France du projet, clos dernièrement à Rennes par la Première secrétaire. Le conseil national du Parti socialiste a adopté à l’unanimité le 27 avril dernier un long texte
d’orientations sur « le nouveau modèle économique, social et écologique », une synthèse coordonnée par Pierre Moscovici. Pour une fois, pareil exercice n’a guère déclenché de
ricanements chez les observateurs de la chose. Il faut dire que du point de vue de l’éditorialiste à l’argument affuté et sempiternel, pas forcément infondé, du parti passéiste, étatiste,
souverainiste et proto marxiste, ces pages sont en effet décevantes et obligent à requalifier l’attitude d’une gauche au réformisme assumé et qui prend soin de rappeler qu’une nouvelle
civilisation politique se fera à l’échelon de l’Europe ou ne se fera pas. Jamais sans doute le Parti socialiste ne s’est dévoilé aussi bourgeois, aussi attentif à la pensée de Léon Bourgeois,
théoricien à la fin du xixe siècle du solidarisme duquel se déduiront des missions inédites confiées à
l’Etat. Je cite seulement ce passage tant il me semble révélateur du ressourcement d’une philosophie à l’aune de la belle pensée républicaine et libérale : « Il n’y a pas d’autonomie
des individus sans solidarité et sans protection des biens publics. […] Redonner confiance dans l’action publique, dans l’Etat, dans la solidarité, dans une approche collective des problèmes
individuels, est un enjeu fondamental pour la gauche. Cela passe par un Etat plus juste qui fasse contribuer tout le monde équitablement à l’effort de solidarité et qui apporte des réponses plus
individualisées. C’est une nouvelle articulation entre individu et Etat qu’il faut construire. Un Etat qui élargit les choix, qui permet aux individus de choisir et de maîtriser leur vie. […]
Nous devrons construire les protections et inventer les nouveaux droits qui permettront de desserrer cet étau qui enserre les individus. » Les camarades traduisent ensuite leurs priorités
et, nouvel étonnement, c’est la production industrielle qui ouvre le bal. Redécouverte des vertus de l’offre et conscience du déclin français sans révision générale et radicale de notre
fiscalité. Nul doute qu’après un texte comme celui-ci, plusieurs militants diront à Martine Aubry : « Tu me fends le care ».
Par Yohann Abiven
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Vendredi 20 novembre 2009
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23:52
Il faut sans doute être rompuy aux raffinements du fonctionnement de l’Union européenne pour ne pas tousser avec cette fumée blanche venue de la chapelle bruxelloise l’autre jour. Les
observateurs se sont étranglés, certains ont baillé, d’autres éternué, ils ont fait ashton parce qu’une drôle de maladie grippe depuis quelques années le projet européen. Un symptôme de
moins disant politique, une bactérie intergouvernementale, celle qui musèle les enthousiasmes et les idées pour rebâtir des murs de verre entre les peuples. Les pontifes étatistes réunis dans la
capitale euro-belge n’auront même pas eu besoin de traverser le Rubicon, mais tout bonnement le pâté de maison pour aller déloger le premier ministre de l’endroit et lui remettre les clés du
conseil européen. Et dire qu’on pensait qu’ils n’arriveraient pas à s’entendre sur deux noms. L’affaire fut finalement vite mise dans le sac des inavouables marchandages nationalistes. L’Union
européenne a un petit air de Troisième République qui préféré Deschanel à Clémenceau. Sans doute les chefs d’état et de gouvernement ont-ils suggéré aussi au récipiendaire de penser éteindre la
lumière. Ainsi au moins, les disciples de Monnet n’apercevront pas la moribonde Europe, poignardée, à en croire la comptabilité de Michel Rocard, cinq fois. Comment voulez-vous que l’Union se
relève d’un pareil assassinat ?, a demandé l’ancien premier ministre de la deuxième gauche. La décapitation finale viendrait de ces deux nominations, celle d’Herman Van Rompuy au poste de
Président du conseil de l’Union européenne, et celle de Catherine Ashton à celui de Haute-Représentante pour les affaires étrangères, c'est-à-dire au fond de toutes les affaires de l’Europe
puisque les opinions leur sont hélas de plus en plus étrangères.
Par Yohann Abiven
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