Mardi 2 juin 2009

Lundi prochain, je fais mon retour à l'antenne. Dès le lendemain des élections européennes. Enfin ! Premier billet radiophonique à lire le 8 juin, pas avant !

Olivier Ferrand, le Président de la fondation Terra Nova, faisait l'autre jour remarquer, c'était dans les colonnes de Libération, que « l'Europe d'aujourd'hui se dresse contre l'Europe de demain ». Et, nous voici, justement, à demain. Le lendemain de la mobilisation, si l'on ose encore le mot, du plus grand corps électoral démocratique du monde, après celui de l'Inde. Les citoyens de l'Union ont choisi celles et ceux chargés de les représenter à Strasbourg où se décide rien de moins qu'un morceau du destin de notre humanité. Tu es Parlement et sur ce Parlement je bâtirai mon Europe. Mais cette Europe ressemble à un bien fragile colosse aux pieds d'argile. La crise de la légitimité politique épargne sans doute encore moins l'assemblée parlementaire élue hier sans que vraiment l'on s'en rende compte. Des esprits éclairés ont pu qualifier l'architecture institutionnelle de l'Union européenne d'« objet politique non identifié » ; en somme, une construction institutionnelle vraiment inédite, une nouveauté dans le droit international et constitutionnel, sûrement pas un Etat centralisé, mais pas non plus une fédération. Quelque chose d'autre, un inconnu bancal qui se fabrique jour après jour. Mais les urnes, et les médias, et les nations, se satisfont mal, au fond, des objets politiques non identifiés, tellement mal identifiés qu'ils n'en sont plus politiques où qu'ils finissent par faire peur. Le fraient-ils qu'au moins on continuerait à s'y intéresser. N'empêche ! L'objet politique non identifié est pain bénit pour des chefs d'Etat et de gouvernement jaloux des prérogatives intergouvernementales. Notre nouveau Parlement d'Europe saura-t-il s'emparer de sa mission de rendre l'Europe déclinable dans les catégories communes de la politique en Occident ? Se ferait-il constituant ? Une dame du parti socialiste l'y invitait l'autre jour à Rezé dans un discours dont la hauteur a hélas échappé aux commentateurs. Il est vrai qu'il y avait une autre dame près d'elle et que cette guerre des Roses est franchement plus sexy. Quelle ironie cependant d'entendre Ségolène Royal rappeler à Martine Aubry que, quand même, l'Europe c'est... de l'or !

Par Yohann Abiven - Publié dans : Qu'est-ce qu'on en pense ? - Communauté : commentaires sur actualité
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Dimanche 19 avril 2009

La Turquie devient pour l'Europe une vraie tête de Turc. L'est-elle ou l'est-elle pas, en Europe ? La campagne des prochaines élections européennes ressert, comme à chaque fois, le café turc. Cette fois pourtant, il n'y a pas lieu de penser que ce grand Etat de près de 80 millions d'habitants en arrive à transformer la Cinquième République. Souvenons-nous, c'était du temps où Chirac présidait, c'était du temps de la constitution européenne. Depuis, Michel Rocard a dit « Oui à la Turquie », dans un petit livre récent. Mais un peu avant, Valéry Giscard d'Estaing avait dit non à cette infiltration de l'Islam en terre chrétienne. La Turquie sème partout la discorde. Les géographes déplient leurs cartes et pointent du doigt des barrières naturelles. Mais c'est sans compter les sociologues qui disent qu'il n'y a pas de géographie sinon celle construite par la politique. Et sans les généraux qui calculent la portée du tir de missile. Il faudra certainement beaucoup de diplomatie pour accorder tout ce petit monde et donner réponse à un Etat qui tape à la porte de l'Europe depuis 51 ans et regarde tous les sous-statuts concédés depuis comme autant de complications persanes.  

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Dimanche 19 avril 2009

HADOPI n'est pas le petit nom d'une divinité de je ne sais quel empire des Andes. Et pourtant, notre assemblée nationale, ou plutôt la majorité qui la compose, aurait bien besoin d'une divinité pour écarter les flammes de l'enfer auxquelles le chef du pouvoir temporel les a promis. Et, en la matière, la sanction ne risque pas d'être graduée.  Reste que, sans doute, les députés n'ont pas souhaité couper la liaison qui les relie aux internautes. Reste aussi que les collègues socialistes, auteurs d'un Ctrl-Alt-Suppr qui demeurera dans les annales du Parlement, les députés rouges donc  se sont habilement faits les pirates du Palais Bourbon. Du coup, un méchant virus a été téléchargé par l'Elysée qui n'aime ni les disques durs ni les idées molles. Evidemment, la sagesse voudrait que l'on demandât au MODEM la manière de reconnecter la République.

Par Yohann Abiven - Publié dans : Qu'est-ce qu'on en pense ? - Communauté : commentaires sur actualité
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Vendredi 27 mars 2009
Ma petite entreprise
Connaît la crise
Inquiète elle exhibe
Des travailleurs abimés
Alarmés à souhait
J'ordonne une reprise
Mais la vérité m'épuise
Inlassablement se dévoile
Et mes doigts de palper
Palper là ces perspectives
Qui font que je licencie
Qui font que je descends dans la rue
Le lundi
Le mardi
Le mercredi
Le jeudi
Le vendredi
De l'aube à l'aube
Une partie de la matinée
Et les vacances
Terminées
Ma petite entreprise
Mon gagne pain
Paie des bonus au mépris des résultats 
Me replonge dans le néant
Qu'importe
Le profit importe
Qu'importe
L'égoïsme s'exporte
Qu'importe
Le libre marché
En Crimée
Au sud de la Birmanie
Les lobbies en Libye
Au Laos
L'Asie s'écroule à mes oreilles
Ma petite entreprise
Connaît la crise
S'expose aux délocalisations
Attend la reprise
Débauche
Débauche
Par Yohann Abiven - Publié dans : Qu'est-ce qu'on en pense ? - Communauté : commentaires sur actualité
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Mais que fais-je ?

 

 

 
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