Vendredi 27 mars 2009

La guerre de Trois Roses dure depuis bientôt trois ans. Elle oppose les Royalistes venus de toute la France, aux Réformistes et leurs alliés révolutionnaires. Face à l'Europe, les centaines de navires des assiégeants reposent sur des sections qui n'ont pas toujours fait vœu de Fra-ter-ni-té. Aubry, la chef des Réformistes-Révolutionnaires, retient prisonnier Peillon, et le dieu socialiste a envoyé une peste meurtrière sur l'armée des camarades. Le devin Rocard révélant la cause du mal, Royal adjure Aubry de rendre le prisonnier. La Première secrétaire finit par y consentir, mais décide de prendre en dédommagement Pargneaux, un valeureux chef de Fédération captif de Royal. Furieuse et se sentant spoliée, cette dernière décide de cesser de combattre avec ses Désireux d'Avenir aux côtés des Réformistes-Révolutionnaires. Elle invoque son père, Mitterrand, qui avait obtenu de la déesse France la promesse d'une victoire de la Rose.

 

Trompée dans son sommeil par un songe envoyé par Mitterrand, Aubry s'éveille certaine de la victoire de ses troupes. Rue de Solférino, elle raconte son rêve à ses alliés, puis pour les mettre à l'épreuve, feint de vouloir quitter le siège de la guerre de Trois Roses. Les guerriers préparent leur retrait, mais Hamon, roi de Révolution, parvient à les dissuader de partir. Les deux armées s'apprêtent à combattre : les Réformistes venus de toute la France sur un grand nombre de vaisseaux feront face aux troupes des chefs royalistes et de leurs alliés participatifs.

 

Dans la furie de la bataille, les Réformistes-Révolutionniares galvanisés massacrent un grand nombre de Royalistes. Hamon s'illustre en particulier, soutenu par Weber, tuant - entre-autres - Savary et blessant Peillon et son père, le dieu Valls, venu le secourir. Les Dieux s'impliquent dans la bataille. Dieux et déesses remontent finalement à Solférino porter leur discorde devant le conseil national.

 

Le combat continue de faire rage, les meilleurs guerriers des deux camps s'affrontant mortellement. Cependant, après avoir évoqué les liens d'hospitalité qui unissaient naguère leurs ancêtres, Peillon et Aubry cessent leur duel. Peillon se retire du combat et regagne sa circonscription en Rhône-Alpes.

 

Au petit jour, Aubry exige des dieux qu'ils restent neutres. Depuis les sommets de Solférino surplombant le champ de bataille, elle pèse sur sa balance d'or les destinées des deux armées. Celle-ci penche en faveur des Réformistes Révolutionnaires. Collomb et Le Drian ne peuvent rester sans agir. Ils désobéissent à Aubry en secourant des candidats malheureux, mais sont rapidement et vertement rappelées à l'ordre.

 

Le parti socialiste, c'est l'Iliade en mieux. Ou le tonneau des Danaïdes ?

Par Yohann Abiven - Publié dans : Qu'est-ce qu'on en pense ? - Communauté : Politique française
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Lundi 16 mars 2009

A côté de Carla Bruni, Yvonne de Gaulle semblerait tout droit venue d'une usine à tracteurs. A côté de Nicolas Sarkozy, le grand Charles, l'époux d'Yvonne, semblerait tout droit venu d'une usine à rigueur. Ces deux usines ont fermé depuis : les chefs d'Etat compagnonnent avec des top-models et les premiers couples de France s'ennuient désormais dans les palais que l'Etat met à leur disposition pour les jours, bien mérités, de repos. Imagine-t-on un instant Carla Bruni et monsieur au Fort de Brégançon ? Et pourquoi pas, bras dessus bras dessous, à la messe du village d'à côté, le dimanche à 11h00 ? Pour une fois, la France n'est plus tout à fait la France. C'est qu'elle se sécularise : les hussards noirs suivent de peu les curés dans la tombe des messianismes. La République avait été bâtie pour des hommes faiseurs d'Histoire et des femmes faiseuses d'enfants. Pas forcément honnêtes ou au dessus des turpitudes pusillanimes, mais des hommes et des femmes qui, en public, ou dans l'exercice des fonctions, avaient cette vertu toute bourgeoise d'afficher le sens de l'Etat et de contenir leurs appétits matériels ou carrément libidineux. Et voilà que la République doit s'habituer à vivre avec des gens comme tout le monde, enfin comme presque tout le monde : des gens de leur temps qui portent des montres brillantes, signe qu'à cinquante ans ils ont fait quelque chose de leur vie, qui vont en vacances dans des endroits épatants, mélangent la vie privée et la vie publique, bref qui s'affichent et affichent des signes extérieurs sans doute inversement proportionnels à leurs échappées intérieures.

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Lundi 16 mars 2009

« Les plus désespérés sont les chants les plus beaux. Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots. » Edouard Balladur aurait pu, aurait dû, se faire Alfred de Musset avant de rapporter sa drôle de poésie. Oui, poésie ! Vagues fadaises en somme, car, pour une fois, personne ne prendra l'ancien Premier ministre de la France, notre beau pays, très au sérieux. Mais, au fait, « que pensez-vous de cette conception de la poésie ? » C'est ce que demandait récemment un sujet soumis à l'appréciation des produits de Jules Ferry, à propos de cette phrase tirée comme chacun sait, de La Nuit de Mai d'Alfred de Musset.  Le corrigé conseille d'écrire ceci, ou quelque chose d'approchant, pour que nul ne puisse soupçonner qu'on copie-colle depuis l'écran magique d'un ordinateur relié au vaste monde : « En admettant que Musset ait raison d'attribuer à la souffrance une valeur inspiratrice, il est à peu près certain qu'au moment même où on l'éprouve elle n'est pas créatrice. » Bref, à en croire les lecteurs circonspects du grand auteur, il fallait bel et bien redécouper les régions de la France, notre beau pays, avant la remise du rapport sur la réforme des collectivités locales et non après car après, après les jactances indignées des observateurs jaloux, alarmés ou intéressés,  l'élan réformateur sera tout rabougri. Sauf que Balladur, justement, ne le fut pas. Il ne fut pas rabougri, Balladur fut mou. Quant aux élus locaux, eux, tous ou presque furent, en la circonstance, copains comme cochons. Ceux-là  ne risquent pas de trop souffrir. Et comme de juste, on les voit, du coup, très créatifs dans l'art de tout conserver. La France est décidément un beau pays et elle le restera. Il est temps pourtant de décider car « l'immobilisme est en marche, et rien ne pourra l'arrêter ». Achevons ces lignes par un autre poète, Edgar Faure, qui disait aussi, et nous livrons cette phrase à la méditation décideuse du Président de la République s'il nous lit : « Chez moi, quand on tue le cochon, tout le monde est content ! Sauf le cochon. »

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Dimanche 1 mars 2009

On finit par se demander qui instruit le procès de qui dans cette affaire de berger qui va tous nous faire devenir chèvres. Est-ce la défense qui va condamner une instruction gauloise calamiteuse ou sera-ce l'accusation qui va enfin réussir à dissiper des doutes croissants sur la culpabilité d'Yvan Colonna ? Manifestement, ça se corse. Jamais pourtant, la recherche d'un assassin n'avait déployé autant de moyens. Si la même chose s'était produite sur le continent, nous aurions quand même compté 60 000 de nos concitoyens inquiétés d'une manière ou d'une autre par les services policiers. Et du côté des chefs, c'est presque autant de monde. La quantité et la qualité. Tout l'armorial de la République : un ministre de l'Intérieur devenu depuis le chef du ministre de l'Intérieur, les seconds, troisièmes, quatrième flics de France, un préfet pyromane, des services antiterroristes, des gendarmes qui n'aiment pas les policiers, des policiers qui n'aiment pas les gendarmes, des gendarmes plus spéciaux que d'autres, des témoins qui perdent la mémoire puis la retrouvent, un président de cour d'assises qui ne lit pas son courrier, des procès-verbaux qui prennent le temps à reculons... « Grands sont les yeux d'un père mort », dit un proverbe corse. Corse et français et universel, car que peut penser d'autre la famille du haut-fonctionnaire défunt ?

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