Samedi 3 janvier 2009

Lundi 5 janvier 2009 (bonne année!), j'aborderai la Présidence de l'Union européenne avec Fabien Chevalier, responsable de Ssauvons l'Europe à Paris et David Le Roux, membre du bureau national de Jeunes Socialistes.


L'Europe a remis au goût du jour une formule d'Ancien Régime. Désormais, il faut dire la Présidence est morte, vive la Présidence. Où, plus récemment, la Présidence n'est pas morte, mais vive quand même la Présidence. Ou serait-ce, la Présidence est morte, mais pas vive la Présidence ? Car, pour une fois, une présidence du Conseil de l'Union européenne peine à se terminer et une autre à commencer, la faute peut-être à celle qui n'en finit pas de finir. Ces prolongations inattendues, nous les devons au Président de la République française, qui a trouvé les habits de l'Union parfaitement à sa taille et du coup, l'habit a cette fois fait le moine. L'entrée dans les ordres communautaires a été, à quelque chose malheur doit être bon, facilitée par les crises auxquelles la Présidence française de l'Union a dû faire face. Ils sont rares ceux qui réussiraient à redire quel était le programme ante crises de la Présidence française de l'Union. En revanche, chacun se souvient du conflit caucasien, en sommeil mais non résolu, de la prise d'assaut de l'eurogroupe, des phrases qui disent tout haut ce que tout le monde pensait tout bas, y compris l'étonnement agacé de la chancelière allemande en face d'un Chef d'Etat débordant d'initiatives, mais dont la politique économique et budgétaire, si dépensière, n'était sans doute pas en mesure de le doter de l'autorité nécessaire pour donner à l'Europe des bonnes leçons de lutte contre la récession. Chacun aussi désormais craint en plus pour le gaz ukrainien, le conflit ravivé au Proche-Orient et la tension accrue sur le front du terrorisme. Les plus ardents Européens continuent à voir l'empreinte du souverainisme de l'Europe des Etats derrière tout cet activisme élyséen : le bureau de M. Guaino jouxte celui de M. Sarkozy et l'inspiration est, au fond, assez voisine, au moins en matière de respect de la voix des Etats, de celle de Vaclav Klaus, le nouveau président en titre du Conseil de l'Union européenne, et son Premier ministre, M. Topolanek, l'autre homme fort de la République Tchèque. Laurent Cohen-Tanugi qui disséquait l'autre jour dans les Echos les leçons de la présidence française résumait ainsi sa pensée, celle de tous les Européens de bonne volonté : « Là encore, la présidence française a montré la voie en esquissant les contours d'une véritable stratégie européenne pour la mondialisation. Mais la mise en œuvre d'une telle stratégie ne saurait reposer sur la seule logique intergouvernementale. Ce devra être aussi et surtout l'ambition de la Commission qui sera issue des élections européennes de juin 2009. »

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Mardi 16 décembre 2008

Extrait de la boutique solidaire des petits frères des Pauvres :
Coxiwatt le coupe veille TV

Derrière cet appareil ludique (Coxiwatt) se cache un coupe veille électrique qui éteint l'alimentation de la télévision et des périphériques qui lui sont connectés en utilisant simplement la télécommande du téléviseur. Coxiwatt est composée d'un système électronique qui détecte la mise en veille de l'appareil principal (TV par exemple), elle coupe alors automatiquement l'alimentation de l'ensemble des appareils qui lui sont rattachés. Ingénieuse, pour remettre en marche votre téléviseur il suffit d'actionner sa télécommande comme en usage normal pour que Coxiwatt reçoive l'ordre de rétablir le courant vers l'ensemble des appareils. Outre son design ludique, elle vous fera réaliser des économies d'énergies, protègera les appareils des surtensions, prolongera leur durée de vie et éliminera les champs électro magnétiques émis par les appareils en veille nocifs pour la santé (dans la chambre à coucher par exemple). Coxiwatt est fabriquée en France, ses conditions de fabrication et de transport veillent à minimiser l'empreinte écologique. Eco-participation 0,10 € incluse.


A partir de l'intitulé ci-dessus, vous vous interrogerez et proposerez un commentaire qui prendra en compte, en particuier, la loi de l'histoire selon Marx.
 

C'est sans doute parce qu'une coccinelle est aussi une bébête à bon dieu que je me remémore subitement, à la lecture de cette promotion de la boutique solidaire des petits frères des Pauvres, un passé dans le Finistère des frères des Ploërmel. Car ces honorables religieux furent aussi de vrais génies de l'éducation manuelle et technique, je parle naturellement de cette discipline qui fait que les élèves percent, clouent, attachent, taillent, soudent, plastifient, cartonnent finalement en classe. Je me souviens qu'un jour le frère technicien avait imaginé de faire construire un objet utile qui ne mettrait pas le feu à la maison. Il faut reconnaître que la production de l'année passée, un détecteur de baignoire pleine, avait pu décevoir, voire inquiéter, puisque l'ingénieux système d'attache par ventouse le long de la paroi de la baignoire avait montré quelques faiblesse dès que confronté à la buée du bain, et l'objet finissait à coup sûr au fond du bac qui finissait à son tour par déborder. Des parents avaient fait confiance à l'objet congréganiste, les assurances avaient tout réparé. Du coup, lavés de cette triste expérience, les frères avaient trouvé un autre machin à faire faire. L'objet se présentait cette fois sous la forme d'une longue barre horizontale et servait à accrocher des posters, sans avoir besoin de faire des trous dans les murs. En plus, les élèves ajouteraient un mot à leur vocabulaire : ils allaient fabriquer une cimaise, une cimaise domestique, où pendre Balavoine qui préparait les déçus du Mitterandisme, Bowie qui façonnait les vagabonds de la morale et que les frères, eux, auraient volontiers crucifié, si la place n'avait pas été prise ad majorem dei gloriam. La cimaise catholique allait permettre d'épargner aux murs de multiples attentats aux punaises, toutes celles qui servaient à faire se tenir droit Balavoine ou Bowie. Voici les cloisons parentales vierges de petits trous. Mais pas indemnes de plusieurs percements de forets, car, même produite dans une enceinte sacrée, ce n'était pas le Saint Esprit qui faisait tenir la cimaise en haut du mur. Bref, préférez toujours quatre gros trous avec vis et cheville à quelques minuscules perforations d'épingles parfaitement invisibles, telle était la sentence sainte et morale de cette éducation manuelle et technique.

Manifestement, les frères de Ploërmel ont fait... école ! Car la Coxiwatt fabriquée en France en veillant à minimiser l'empreinte écologique signe l'éternel retour des choses. Comment ne pas songer ici à Marx selon lequel l'histoire ne cessait de repasser les plats ? C'est ma cimaise mise au goût du jour. La Coxiwatt permet, c'est expliqué plus haut, de couper l'alimentation d'un appareil laissé en veille électrique. Fort bien ! Mais comment fait-on fonctionner la Coxiwatt ? Facile, dit l'annonce, on appuie sur le bouton de la télécommande. Sûrement, pense l'acheteur dubitatif et soucieux de minimiser l'empreinte écologique, mais n'empêche que la Coxiwatt, faut bien la brancher pour qu'elle fasse son office. Et donc, quand la télé n'est plus en veille, la Coxiwatt, elle, elle l'est ! Et donc, ça risque de revenir au même, c'est pas précisé, évidemment, dans l'explication du Géotrouvetout qui a pensé à ça parce qu'il a dû faire sa scolarité chez les frères de Ploermel, et s'active aujourd'hui, comme de juste, aux petits frères des Pauvres, passé sans doute aussi par les phalanges du catholicisme de gauche. Marx, toujours Marx...

 

Parce que sinon, y'a un truc qui coûte rien, ni au porte-monnaie, ni à la planète, c'est de se lever, de faire un pas, et d'appuyer sur le bouton de sa télé...

 

Même si, histoire de filer 59 euros aux petits frères des Pauvres, une bien belle association, je commanderai bien une Coxiwatt à leur boutique solidaire, rien que pour l'adresser, pour Noël, au directeur du tout nouvel Ikéa de Rennes. Je suis passé devant l'autre jour à une heure fort tardive. Et bien, tout reste allumé tout le temps. Pas un lampadaire éteint. Ni l'enseigne naturellement. Boutique qui, par ailleurs, donne des leçons d'écologie... Mais c'est toujours la faute au particulier qui laisse sa télé en veille. Marx, révisé par Bourdieu : les dominants ont tellement asséné que c'était la faute aux pov'gens, qu'ils ont fini par le croire. Un meurtrier, c'est toi, c'est moi, c'est vous...

Yohann Abiven

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Dimanche 30 novembre 2008

Lundi 1er décembre, j'accueille à l'antenne de RCF Pierre Le Roy, directeur de la revue "Globeco" et David le Roux, secrétaire national au Mouvement des Jeunes Socialistes.

Premier sujet

Relancer l'économie

 

C'est bien connu, la vieille Europe aura toujours un temps de retard sur la moderne Amérique. La vieille Europe prononce très bas, sur le bout des lèvres, le mot « récession », s'arrange pour afficher la vertu d'une progression de 0,1 % du Produit Intérieur Brut, depuis un mois, depuis deux semaines, la semaine dernière, depuis hier. Encore un peu et bientôt la progression se chiffrera à 42 euros, calcul que les services de Bercy récoleront afin de le porter à 102 euros. L'Amérique, elle, voit plus grand et plus fort. Point de récession de l'autre côté de l'Atlantique, l'oncle Sam ne se satisfait que d'une dépression de l'économie et on attend avec appétit les explications de M. Fillon, posant de manière définitive la subtile nuance entre les deux. Là bas, la dépression c'est une récession qui pourrit durablement l'économie et la société, ici ce sera à coup sûr une progression légèrement inférieure à la récession, à ne pas confondre évidemment avec la croissance négative qui, même négative, demeure une croissance, ce qui revient à ce que faisait autrefois dire Thierry le Luron à François Mitterrand : « Même en direct, on peut couper au montage. » Les amateurs de l'Union européenne cherchaient, souvent en vain, des réformes de grande ampleur. Aperçurent-ils celle du sémantiquement correct ? Une modification essentielle de notre parler ensemble selon laquelle il faut désormais appeler « plan européen de relance » ce qu'autrefois on savait n'être qu'une coordination intergouvernementale des plans de soutien aux économies nationales. Encore un peu et bientôt les efforts d'information des 27, la transparence sur les mesures protectionnistes, on appellera cela « Europe ». Moi, c'est cette Europe-là qui me plonge dans la dépression.

 

Second sujet

La piraterie

 

Avez-vous remarqué que la firme de jouets Playmobil ne proposera, en cette fin d'année propice aux cadeaux de ce genre, aucune figurine de terroriste à la façon al quaïda ? Aucune maison Playmobil ne sera dotée d'un petit bouton permettant à l'enfant de la faire exploser. Aucun avion non plus. C'est du bain que viendra le salut. L'enfant propre pourra, fort heureusement, y faire naviguer son bateau pirate, actionner les canons, envoyer le petit projectile directement dans l'œil de l'assistante maternelle, avant de tenter un coup d'épée dans le ventre de la tyrannie. Le fameux bateau pirate a encore des voiles, son plastique imite le bois. Ses patrons flibustiers sont tous souriants et se battent avec les armes d'un autre temps. Devenu grand, devenu créateur chez Playmobil, l'enfant ingénieur pourra imaginer de remettre l'objet culte de l'entreprise au goût du jour. Il mettra au point un pétrolier, ou un chimiquier, plein, non plus de chandeliers ou de vaisselle dorée en plastique, mais cette fois de substances toxiques, d'armes lourdes et de pirates à la kalachnikov encore chaude. Les autorités tenteront de faire interdire le jouet et les parents de l'enfant devenu ingénieur de la real education se demanderont, éplorés : « Mais qu'est-il allé faire dans cette galère ? »

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Dimanche 23 novembre 2008

Fabien Chevalier, Paul Bosse-Platière et moi ferons salon lundi à 18h25, sur l'antenne de RCF, pour parler de :

 

Le parti socialiste après Waterloo

Les camarades socialistes ne font pas que rallumer tous les soleils, toutes les étoiles du ciel. Voilà qu'ils en arrivent à inverser l'histoire et à faire Waterloo avant Austerlitz qui, comme chacun sait aura lieu, comme tous les ans tout début décembre, à Coëtquidan, dans le Morbihan, un amusement en forme d'hommage par les élèves de la grande école militaire, qui, en général, tirent plus à droite qu'à gauche. Peut-être au fond qu'il faudrait un militaire à la tête du parti socialiste. Car, cette formation a besoin d'ordre, et d'ordre juste. Et l'ordre juste, ça commence quand on sait compter, quand on sait recopier les petits chiffres, quand on sait les répéter sans oublier un zéro, ou plus prosaïquement quand on démarre le scrutin avec une urne bien vide et des militants bien en chair. C'est tout de même un comble pour un parti qui compte tant d'élus si scrupuleux sur la bonne tenue des opérations électorales, jusqu'à traquer le bulletin voyou dans la chaussette de l'opposant, faire aussi triste figure quand il s'agit de recenser 130 000 bulletins marqués, ou pas, d'une croix. Jamais sans doute scrutin n'a ressemblé autant à un chemin de croix, et la victoire célébrée d'une couronne d'épines, de rose bien sûr. La pire des choses arrive à la grande formation réformiste de l'opposition. L'autre jeudi, la guerre des trois a eu lieu, mais en Corse gauloise. « Dis à ton copain de faire attention. Hollandix n'aime pas qu'on manque de respect à sa sœur. - Mais il ne lui a pas manqué de respect ! - Si. Il lui a parlé. Et avec le sourire. Attention ! » Et pendant ce temps, les Français attendent peut-être que les chefs socialistes leur fichent une paix... royale !

 

Encore de la viande avariée servie à un banquet de mariage !

« On lie les bœufs par les cornes et les hommes par leurs paroles », dit l'adage juridique. Et les femmes par leur virginité dira peut-être bientôt l'opinion populaire. Une opinion qui ne pénètre plus dans les prétoires depuis que la cour d'appel de Douai a infirmé un jugement du premier degré qui avait conclu à la possibilité de déclarer la nullité d'un mariage en raison du mensonge de la promise sur sa virginité. Les magistrats qui ont réexaminé la controverse déclarent cette fois que « la virginité n'est pas une qualité essentielle et que son absence n'a pas d'incidence sur la vie matrimoniale ». Ou plutôt ne devrait pas en avoir. Car voilà nos époux qui ne veulent plus l'un de l'autre à nouveau mariés. Et comme monsieur ne veut plus de madame qui a couché avant, qui ne doit plus non plus, depuis, vouloir de monsieur dont on se fiche au passage de savoir s'il a fauté auparavant avec des dames, la vie matrimoniale est pour le moins improbable et il faut réussir à s'extraire de cette situation sans donner un blanc seing au mâle humilié. En somme, il n'y a pas eu tromperie sur la marchandise, et le contrat doit s'exécuter, sauf à être brisé selon une autre voie que la nullité. Et cette voie existe, elle s'appelle le divorce, que l'on souhaiterait en plus savoir bientôt prononcé par aux torts exclusifs du beauf. Seulement, c'est, semble-t-il, plus long à obtenir qu'une nullité, et le calvaire de la jeune femme va continuer. La faute à qui ? A la République qui, en matière de bonne administration de la justice, n'est sûrement pas vierge de tout reproche.

 

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Mais que fais-je ?

 

 

 
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