La majorité
présidentielle aurait-elle commencé ce chemin pénible, cette pente qui est souvent raide et qui conduit à Reims en pensant se rendre à Seignosse ? Y aurait-il comme une partisocialisation de
l’UMP parce qu’à son tour la formation sarkozyste devrait faire face à des incidents à peine croyables de la part de grands professionnels ? Le PS aurait besoin de Girard, mais Freud serait
objectivement à l’UMP. Le parti qui rassemble désormais toute la vraie droite de gouvernement et même un peu plus, serait une sorte de Ça, avec un chef grand gardien, comme un Surmoi, et un
discours des circonstances présentables : le Moi. Sauf qu’à Seignosse, le Ça l’a emporté, y compris devant des caméras qui ne s’étaient même pas cachées pour saisir ce qui est devenu une
grande messe du web. Car que celles et ceux qui n’ont pas regardé la vidéo de Brice Hortefeux et ses distingués amis me jettent la première pierre, y compris d’ailleurs les langues si morales
qui, bouleversées, ont crié au scandale en face de cette nouvelle avancée démocratique. Car il y a tout de même quelque chose d’étrange dans cette coutume qui consiste à se lamenter d’une
politique de langue de bois tout en s’alarmant des conséquences catastrophistes quand les mots de la convenance politique se taisent un instant. Autrefois, nous regardions parfois « l’Heure
de Vérité », c’était le dimanche à midi. A l’époque, il y avait bien l’heure, mais moins sans doute de vérité. Désormais, nous avons la vérité, et en quelques minutes. C’est-y pas
beau ?
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Le
questionnaire que la direction du Parti socialiste s’apprête à adresser aux fidèles militants de Jaurès ne demande pas s’il faut appeler René Girard au bureau national de la formation politique.
Nul doute pourtant que l’académicien saurait instruire les camarades et dévoiler l’irréversibilité des coups du sort qui, à force, font faner la rose. René Girard nous a dit qu’à la source de
l’œuvre de la civilisation fut le crime d’un doux agneau qui, après tout, parce que nous sommes désormais des évolués, peut être une douce agnelle. L’agnelle était innocente, sauf qu’il ne
fallait surtout pas le dire, pour l’accuser au contraire des pires maux, gnangnanisme dans la parole, participationnisme sur la foule, cheapisme sur l’écran et surtout, myopisme impénitent,
visionnisme même parce que l’agnelle désignée coupable, chèvre-émissaire, ne voyait qu’un seul bulletin au nom de Martine Aubry quand, d’évidence, il y en avait deux. Girard nous enseigne aussi
que la cohésion sociale-iste commence à aller mal quand certains se rendent compte que le condamné n’avait pas volé l’orange du marchand. La réhabilitation de l’agnelle, bientôt couverte d’une
couronne d’épines, dissout le groupe, y sème la division, ramène à une époque… primaire ! Comment refaire de la fraternité après Jésus, après Dreyfus, après Ségolène ?, tel devrait être
le sujet de composition de nos futurs énarques qui sont aussi nos futurs éléphants. Quoi qu’il en soit, les Ponce-Pilate à trompe de la jungle socialiste, vieux ou mois vieux, auraient pour
l’instant plutôt tendance à prendre la défense de Martine Barabbas.
Le palais de
Buckingham va accueillir encore plus de grosses légumes. Car celle qu’il abrite vient d’autoriser la culture d’un jardin dans l’enceinte du royal palais. Des productions de la terre qui raviront
bientôt les royaux palais de mets délicats et raffinés et… biologiques. Car, c’est là l’autre particularité du potager de Sa Majesté, il est écologiquement sain, il se développera durablement, un
peu au fond comme sa royale patronne, qui est bien conservée. Il faut dire que son prédécesseur jardinier n’avait pas fait long feu, c’est le cas de le dire puisque des rangées d’oignons avaient
été installées dans le royal garden au moment de la Seconde Guerre mondiale, quand il fallait donner l’exemple et en la matière, la famille royale britannique n’a pas
failli.
Il faudrait être myope pour ne pas connaître Vu(e) sur
Rennes. Vue(e) sur Rennes, c’est un beau magazine gratuit de promotion commerciale. Un support luxueux et glacé, un beau grammage, bref de la tenue, une très belle vue sur Rennes.
Et un phrasé à mettre en appétit, comme ce « voyage gourmand au long cours » de la page 3 du numéro 4. On décolle complètement grâce à un « brin de Provence et une
pincée d’Italie dans une bolée de Bretagne » (p. 9). Du côté des chiffons, que dis-je, du côté de la « fluidité des matières comme une caresse sur votre peau » (p. 18), de
pareilles images font et défont les productions et les styles. Des vêtements et, surtout, le corps qu’ils parent, ce corps qui, « pour acquérir une certaine fluidité, se modèle avec
l’esprit » (p. 21). Les temps sont manifestement propices à la fluidité et à tous ces machins travaillés pour être plus jolis. Jusqu’aux plantes vertes, « when design meets
plants » sur « un mur végétal d’intérieur associé aux cascades et fontaines murales métalliques » (p. 22). Faire un choix entre tant de tendances, c’est s’arracher les
cheveux, sauf heureusement dans « le nouveau salon […] aux lignes épurées, ouvert depuis septembre 2008 » (p. 22). Presque comme ce « magasin de 85 m² qui a été entièrement
redécoré dans un esprit contemporain chic » (p. 23).