La
Turquie devient pour l'Europe une vraie tête de Turc. L'est-elle ou l'est-elle pas, en Europe ? La campagne des prochaines élections européennes ressert, comme à chaque fois, le café turc.
Cette fois pourtant, il n'y a pas lieu de penser que ce grand Etat de près de 80 millions d'habitants en arrive à transformer la Cinquième République. Souvenons-nous, c'était du temps où Chirac
présidait, c'était du temps de la constitution européenne. Depuis, Michel Rocard a dit « Oui à la Turquie », dans un petit livre récent. Mais un peu avant, Valéry Giscard d'Estaing
avait dit non à cette infiltration de l'Islam en terre chrétienne. La Turquie sème partout la discorde. Les géographes déplient leurs cartes et pointent du doigt des barrières naturelles. Mais
c'est sans compter les sociologues qui disent qu'il n'y a pas de géographie sinon celle construite par la politique. Et sans les généraux qui calculent la portée du tir de missile. Il faudra
certainement beaucoup de diplomatie pour accorder tout ce petit monde et donner réponse à un Etat qui tape à la porte de l'Europe depuis 51 ans et regarde tous les sous-statuts concédés depuis
comme autant de complications persanes.